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Le Big Data : comment concilier Révolution Sexuelle, les X men et Confucius ?

écrit par René Lefebure

23 avr

Les différents échanges et présentations sur le Big Data montrent qu’il existe des « freins » importants avant la mise en œuvre d’une démarche Big Data.

On retrouve de manière commune les difficultés :

– de choisir son l’architecture « technique » et faire son choix autour des Hadoop, Cassandra, Hive, Yarn, Map Reduce, etc…

– de définir le « bon projet » qui permettra de montrer la « plus-value » du projet aux équipes dirigeantes,

– de choisir le périmètre de données : faut-il se contenter de faire le projet sur des données structurées ou faut-il intégrer des données non structurées (texte, open data, etc..) ?,

– de raisonner autour de nouvelles techniques d’apprentissage et de découvertes automatiques avec des algorithmes différents des régressions et des arbres de décisions.

Un peu difficile d’avancer si on ne connait pas la Direction à prendre et les moyens d’y arriver.

Dans ce contexte, on peut effectivement définir que le Big Data est comme le sexe chez les adolescents : on en parle beaucoup, voire on ne pense qu’à cela, surtout lorsque l’on ne l’a pas encore fait.

On retrouve ce type de discussions dans de nombreuses conférences et articles de presse … qui nous présentent la « prochaine révolution industrielle », le Pétrole du XXI ème siècle, mais au final assez peu de projets opérationnels … car il existe (selon les conférenciers) une réticence des entreprises « en avance » d’apporter leurs témoignages.

A la fin de certaines conférences, le « mystère » est encore plus fort à l’arrivée qu’au début !

Effet Waouh garanti.

 

Plus simplement, on peut dire que le Big Data en France est dans un état généralisé de POC (Proof of Concept).

Malheureusement pour ajouter au trouble, on voit poindre de ci de là quelques « critiques » dans les pays « anglo saxons » (même sur des modèles mis en place par Google).

Donc en plus d’être « opaque » il commence à se dégager un côté « sulfureux » dans le monde du Big Data.

Personnellement, je pense que les éléments techniques et la capacité d’accompagnement des SSII en France se sont considérablement améliorés sur les 12 derniers mois.

Nous sommes passés d’un monde de « Buzz World Big Data » à la maîtrise de projets (en méthodologie, délai, charges et coûts).

Si les freins « techniques » sont en voie d’être solutionnés, il me semble qu’il existe une autre raison moins évoquée dans les échanges : la gestion de la « rupture ».

 

Il y a dans le Big Data des éléments importants de « rupture » qui remettent en cause certaines certitudes ou acquis, et il est difficile de s’imaginer que ces paradigmes puissent disparaître …pour les différentes directions dans l’entreprise :

– on annonce souvent la fin du SQL et des bases de données relationnelles traditionnelles ….(stress pour les équipes informatiques qui ont construits de superbes data warehouse depuis 15 – 20 ans !)

– on annonce la fin des limitations des techniques statistiques traditionnelles … pour intégrer des modèles beaucoup plus complexes, capables de gérer des données « brutes » de manière automatique (stress pour les équipes statistiques qui ont appris à créer des agrégats, mettre en place des techniques de validation, et des millions de lignes de codes pour industrialiser les traitements !)

– on annonce du contenu dynamique permettant de récolter les données disséminées sur les différents serveurs (téléphoniques, internet, réseaux sociaux, etc.) pour apporter la fameuse vision 360 (stress pour des différentes Directions … avec la possibilité de « voir » comment les données sont gérées et apprécier leurs performances, faisant fi des traditionnels « domaines de compétences » des métiers).

 

Donc dans ses « annonces » le Big Data est une vraie Révolution qui annonce la disparition de certaines compétences et des frontières !

Je confirme qu’il s’agit effectivement d’une vraie Révolution technique … et mentale.

Cette révolution ne passera pas seulement et exclusivement par la technique … elle nécessite une démarche de gestion du changement des mentalités : un peu moins d’effet d’annonces et un peu plus de mise en œuvre réaliste du changement.

Le Big Data dans une entreprise, c’est l’arrivée d’un Extra Terrestre !

Pour ceux qui sont cinéphiles, c’est un peu comme le film « Enemy Mine » (film de science-fiction germano-américain réalisé par Wolfgang Petersen, sorti en 1985), il faut un peu de temps pour apprendre à apprécier les différences.

 

Il faudra pour l’entreprise passer par

– une phase de désapprentissage de certaines certitudes,

-une phase de courage pour lancer des initiatives potentiellement destructrices de projets « anciens »,

– une phase d’inconscience pour attaquer des domaines totalement vierges pouvant révolutionner le business model dominant,

– une phase de prise de conscience de « sa différence » à la fin de l’exercice, car l’entreprise aura effectivement « mutée ».

 

Evidemment, ces évolutions sont beaucoup plus simples à mettre en place dans les « petites structures » souples et réactives (qui connaissent leurs différences) que dans les grosses entreprises plus cloisonnées où la gestion politique est plus importante.

Il sera néanmoins nécessaire d’y passer sous risque de voir des « nouveaux concurrents », apportés des « nouveaux business modèles » (les X Men que sont Google où Amazon).

 

En conclusion, le Big Data, c’est effectivement aussi simple et complexe que le sexe :

– avant, c’est vraiment un « mystère »,

– au début, c’est probablement « maladroit »,

– avec le temps il faut sortir de la « routine »,

– gérer sa différence et apprivoiser les « interdits »,

– et au final développer « le plaisir ».

 

Comme Confucius le disait : « Celui qui ne progresse pas chaque jour, recule chaque jour ».

 

 

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